Témoignage de Carole et Jean-Paul, parents de Julie

Ce témoignage poignant m’a été adressé par Jean-Paul, le papa de Julie. Je vous invite à le découvrir.Dans quelques mois, Julie fêtera ses 25 ans. Elle termine son stage de fin d'études, cinq années de travail et souvent de sacrifices concernant ses loisirs et sorties. Elle qui était en difficulté scolaire dans le primaire, obtiendra à force de volonté et de ténacité son Master en "Sciences Economiques et Gestion" avec mention.
Carole sa maman, Grégoire son frère, quelques membres de la famille et moi-même, Jean-Paul son papa, l'attendons à la maison pour un petit repas en famille. Julie tarde à arriver, puis le téléphone sonne, c'est elle, elle nous annonce qu'elle est passée chez le médecin car dans l'après-midi, elle a ressenti de fortes douleurs dans le ventre et qu'elle doit faire rapidement une échographie. Carole et moi abandonnons nos invités à la maison et rejoignons Julie à la clinique où elle doit passer cet examen. L'échographie révèlera un kyste sur un ovaire. Julie sera opérée le lendemain matin.
Après l'intervention, le chirurgien expliquera que le kyste avait plutôt l'aspect d'une tumeur et qu'il a dû enlever l'ovaire. Il faut attendre le résultat de l'analyse, il croit que c'est bénin et on ne le sent pas inquiet.
Julie se remet bien de l'opération, elle a même commencé un job étudiant pour la période d'été. Les semaines passent, nous n'avons toujours pas les résultats, mais l'état de Julie nous rassure, elle ne peut pas avoir quelque chose de grave... Elle est si mignonne dans sa petite robe d'été.
Et puis, un jour nous recevons un appel de notre médecin traitant : "J'ai reçu les résultats d'analyse de Julie, ce n'est malheureusement pas bon, il y a des cellules cancéreuses, je suis désolé... j'ai pris rendez-vous avec un cancérologue au CHR de Lille." Le ciel nous tombe sur la tête... nous avons l'impression de ne pas être concernés, ce n'est pas possible, ils doivent se tromper... Julie ne peut pas être aussi gravement malade, elle qui a toujours eu une excellente santé, elle n'a même jamais fait de maladie infantile ! Mais bien vite la réalité reprend le dessus. Julie accuse le coup... nous essayons de ne pas trop dramatiser les choses malgré tout. Et puis, rapidement à notre étonnement, elle réagit : "Je vais me battre... je vais me soigner... je vais guérir de cette maladie !". Elle maintient même la petite fête qu'elle a prévue avec ses amis pour fêter ses 25 ans, deux jours plus tard.
Nous sommes reçus à trois par la cancérologue qui va suivre Julie. Immédiatement, nous sommes en confiance, cette dame très sympathique nous fait penser à une maman protectrice qui va bien prendre soin de notre fille. Elle en arrive même à nous faire oublier la gravité des lieux. Mais elle ne nous cache pas pour autant la vérité : "Ce type de cellule cancéreuse est très agressif, il faut frapper fort et commencer dès demain une chimiothérapie. Le traitement sera dur mais on n'a pas le choix, on fera un bilan dans trois mois pour envisager alors une intervention chirurgicale."
Les premières séances seront bien supportées par Julie, et puis avec l'accumulation ce sera de plus en plus pénible,
elle connaîtra des moments très difficiles mais dès que l'effet des produits administrés se dissipe dans son organisme, elle retrouve rapidement une étonnante vivacité. Elle reconduit sa voiture, sort, revoit ses amis... reprend une vie presque normale et nous profitons au maximum avec elle de ces précieux moments. Comment fait-elle ? D'où lui viennent cette énergie et cette force de caractère ? Cela nous surprend à chaque fois.Au bout des trois mois, les examens de contrôle montrent que la chimiothérapie a bien fonctionné. Les tumeurs sont stabilisées, on peut envisager l'acte chirurgical. Nous rencontrons alors le chirurgien qui va opérer Julie, et là c'est un nouveau choc. Il nous annonce qu'avec ce type de cancer, il faut procéder à une hystérectomie totale. C'est un nouveau traumatisme pour Julie, une atteinte à sa féminité, elle ne pourra jamais avoir d'enfant.
L'opération est un succès, le chirurgien est très satisfait du résultat. On va pouvoir enfin envisager la fin du traitement : une greffe de moelle osseuse pour injecter de nouvelles cellules souches qui vont-elles-mêmes générer de nouvelles cellules saines. Nous sommes plein d'espoir, le corps médical aussi. Julie est en train de gagner son combat... la greffe est prévue dans un mois, bien sûr, il ne faut pas qu'il y ait de récidive durant ce laps de temps, mais il n'y a pas de raison, toutes les tumeurs ont pu être enlevées lors de l'intervention chirurgicale.
Entre temps, une ancienne hernie discale s'est réveillée en moi et m'oblige à être opéré en urgence, si non je risque de garder des séquelles. Julie se remet bien de son intervention, elle réintègre la maison, et moi, je laisse ma petite famille pour deux semaines de clinique.
Quelques jours après mon opération, j'ai la joie de voir Julie accompagnée de Carole venir me rendre une visite. Elle est rayonnante, je suis très heureux et plein d'espoir de la voir ainsi.
Quelques jours se passent encore, n'ayant pas encore eu d'appel de Carole de la journée, je la joins sur son portable. Je comprends tout de suite qu'il y a un problème. Elle m'annonce de l'hôpital où elle a dû se rendre : "Julie a été prise de douleurs dans les jambes hier soir et les douleurs se sont accentuées durant la nuit. Ce matin, elle avait beaucoup de mal pour marcher, cela ressemble à des douleurs de sciatique. Nous attendons qu'elle passe un scanner pour voir de quoi il s'agit". Carole arrive enfin à la clinique en début de soirée, complètement effondrée, elle m'explique : "La cancérologue est venue me voir avant que Julie ne rejoigne sa chambre, les tumeurs ont récidivé, elles compriment le nerf sciatique, elles progressent à nouveau de façon foudroyante. Elle m'a dit qu'il fallait se rendre à l'évidence : Julie ne s'en sortira pas...". Il y a exactement trois semaines que l'intervention a eu lieu. Nous sommes complètement anéantis. Je vais vivre les pires moments de mon existence cantonné dans cette chambre de clinique.
Une chimiothérapie dite de "confort" sera mise en place pour limiter les souffrances. En accord avec les médecins, nous dirons à Julie qu'elle fait une récidive mais sans lui révéler qu'il n'y a plus d'espoir de guérison. Elle fera de nombreux allers-retours entre la maison et l'hôpital. Cette période sera très douloureuse à vivre, mais elle sera quand même parfois entrecoupée de moments plus heureux, comme la veille de Noël où Julie pourtant souffrante et abattue par la morphine connaîtra un soudain répit qui nous permettra de passer un dernier réveillon de Noël en famille avec elle.
Peu de temps après, une de nos amies nous appelle pour nous dire qu'elle connaît une dame qui pratique le reiki (technique de soin par imposition des mains censée transmettre de l'énergie) et qu'elle arrive à procurer un "mieux être" aux personnes soignées par chimiothérapie. Nous en parlons alors à Julie, et bien que réticente au début, elle accepte que je la conduise pour une séance. Le contact passe bien entre Patricia et Julie, et manifestement cette séance la soulage et lui apporte aussi une certaine sérénité, un bien-être général. Malheureusement, le bienfait de la séance sur la douleur sera éphémère, pourtant Julie souhaitera renouveler quelques séances pour la paix intérieure qu'elles lui apportent. Plus tard, j'apprendrai que Patricia est aussi médium et qu'elle reçoit parfois au cours des soins, des messages qui la guident dans sa pratique.
Nous souhaitons garder Julie à la maison et avons installé en quelque sorte les soins palliatifs chez nous. Une infirmière passe plusieurs fois par jour et notre médecin régulièrement. Au bout de quelque temps, nous nous rendons compte que cela devient difficile à gérer. Les douleurs deviennent pratiquement incessantes et notre impuissance face aux souffrances de notre fille devient insupportable. Julie doit certainement prendre conscience de cela et nous demandera elle-même d'être ré hospitalisée, prétextant : "Je veux revoir la cancérologue pour faire le point sur mon traitement, je pense qu'il n'est plus adapté". Nous comprenons alors que c'est une façon de nous protéger, mais qu'elle n'est pas dupe de la gravité de son état.
Après concertation avec les médecins, nous donnerons notre accord pour administrer à Julie un hypnotique qui la placera dans un état d'inconscience mais qui nous privera aussi de communication avec elle. Nous estimons qu'il serait égoïste de notre part de vouloir maintenir un échange aux dépens des terribles douleurs qu'elle endure.
Julie s'enfonce doucement dans le coma, mais malgré l'absence de communication, nous sommes persuadés qu'elle peut nous entendre. Nous nous relayons avec ses grands-parents, notre fils et ses amis proches pour être toujours auprès d'elle. Nous partageons alors avec Julie des instants d'intimité au cours desquels nous lui confions tout ce qui nous semble important. Ces moments seront très forts pour nous.
Et puis un soir, une infirmière entre dans la chambre et d'un air ennuyé nous déclare : "La pression artérielle devient de plus en plus basse... je voulais vous prévenir...". Julie est en train de vivre ces derniers instants... Nous restons alors à quatre, avec Carole, Grégoire notre fils et Camille sa compagne qui est aussi une amie de Julie. Nous lui tenons les mains, les caressons tendrement, tout en lui murmurant d'affectueuses paroles. Julie s'éteindra doucement.
A l'image du courage et de la combativité dont Julie a fait preuve durant sa maladie, nous voulons que les funérailles soient un moment d'espérance et de communion. Nous essaierons de ne pas céder à l'abattement. Pour lui rendre hommage, nous lirons quelques textes composés par ses amis, par Carole, par Grégoire et moi-même. Nous passerons quelques extraits de musique qu'elle aimait écouter. Malgré la gravité de l'évènement, il se dégagera de la cérémonie une atmosphère assez sereine. Comment faisons- nous pour nous contenir ? D'où nous vient cette force ? C'est sans doute cela que nous appelons "Recevoir des grâces du Ciel...".
Quelques jours plus tard, je reçois un appel de Patricia. Le ton embarrassé car ne connaissant pas ma réaction, elle me dit : "Au cours d'une méditation, j'ai reçu un message de Julie. Elle me demande de vous dire qu'elle ne souffre plus, que son passage s'est bien passé, qu'elle a été aidée et accueillie, qu'elle vous aime... J'ai aussi entendu plusieurs fois le même mot, mais je n'en comprends pas le sens dans le contexte du message". Quand Patricia me répète ce mot, je suis interloqué : ce même mot revient très souvent dans la partie du livre que je lis actuellement. Je réalise alors que par ce signe, ma fille veut me signifier que c'est bien elle qui est à l'origine du message. Au fond de moi, j'espérais et j'attendais ce premier signe de Julie, je suis vraiment heureux qu'il arrive si tôt. Quelques années auparavant, alors que nos enfants étaient encore petits et que nous vivions heureux avec notre petite famille, une sombre pensée me venait quelque fois à l'esprit : la mort d'un enfant doit être une épreuve insupportable, comment peut-on accepter cela et continuer à vivre après ? Et si cela devait m'arriver, quelle serait ma réaction ? Comme pour beaucoup, la mort restait encore pour moi quelque chose d'inexplicable. Mais au lieu d'éluder cette question comme il est souvent d'usage dans notre civilisation occidentale, quelque chose me pousse à m'y intéresser, à trouver des réponses. Je recherche alors des ouvrages traitant le sujet, et j'en découvre quelques uns comme : "La vie après la vie" du Dr Moody, "Les morts nous parlent" du Père François Brune, la série de livres d'Anne-Marie Lionnet qui a vécu le décès de sa fille et qui communique maintenant avec elle, et quelques autres encore... à leur lecture, ma crainte de la mort va peu à peu se transformer en espérance et me faire prendre conscience qu'une forme de vie persiste après notre mort physique. Etait-ce prémonitoire ? Une façon de me préparer à ce terrible événement que nous allions vivre. Je le pense aujourd'hui.
Puisque Julie s'est manifestée spontanément par l'intermédiaire de Patricia, nous décidons de consulter un autre médium. Ne connaissant personne parmi nos relations, je recherche donc sur Internet. Après avoir écarté beaucoup de sites farfelus ou avides de sensationnel, je retiens le discours de quelqu'un qui n'a pas cherché à développer le don de médiumnité, mais qui depuis son enfance, voit et entend des êtres disparus et qu'à présent, il en fait bénéficier principalement les personnes endeuillées souffrant de la perte d'un être cher et plus particulièrement les parents connaissant la douleur du départ d'un enfant. Pour un premier contact nous nous rendons à une conférence suivie d'une séance collective de contacts médiumniques. Nous sommes très étonnés de voir l'importante file d'attente devant l'entrée de la salle une heure déjà avant le début de la conférence. Discrètement, je scrute l'allure des personnes, elles n'ont rien d'excentrique, plutôt des gens qui nous ressemblent. Nous arrivons à obtenir des places dans le fond de la salle, beaucoup d'autres derrière nous ne pourront entrer. Après la conférence et avant de débuter la séance de contacts, le médium invite le public qui le souhaite à venir déposer une photo de la personne avec qui un contact est espéré. Il nous indique que ce n'est pas lui qui choisira la photo, mais qu’il se laissera guider par l’esprit du défunt. Je vais donc déposer une photo de Julie, elle rejoint le grand nombre qui jonche la table se trouvant devant le médium. Un silence impressionnant s'installe dans la salle, une première photo est tirée, la personne concernée dans la salle semble très émue à l’écoute des paroles du médium, nous avons l’impression qu’une véritable communication s’établit entre lui et l’entité. A la description de la seconde photo prélevée, je reconnais immédiatement qu’il s’agit de Julie, le médium interroge du regard pour savoir qui est concerné, nous levons la main, puis s'adressant à nous : "C'est votre fille n'est-ce pas... c'est très récent son départ..." effectivement Julie nous a quitté voilà trois mois, "Elle a beaucoup souffert, mais maintenant elle est libérée de ses souffrances... Elle me dit de vous dire qu'il ne faut plus penser à elle souffrante mais comme elle était avant sa maladie, c'est comme cela qu'elle est redevenue maintenant, elle est heureuse, soyez rassurés pour elle... Elle vous remercie de l'avoir très bien accompagnée durant sa maladie, elle remercie aussi tous ceux qui l'ont entourée, elle dit qu'elle a bien été soignée mais qu'elle ne pouvait plus lutter contre cette maladie qui rongeait son corps..." puis s'adressant à Carole : "Madame ! Votre fille me dit de vous dire qu'elle est très contente que vous portiez ses bijoux, elle les aimait beaucoup, elle vous demande d'en prendre bien soin..." en effet, Carole porte sur elle quelques bijoux qui appartenaient à Julie et qu'elle appréciait particulièrement. Pendant quelques courtes minutes, le médium nous donnera des faits si précis que nous sommes vraiment convaincus qu'il s'agit bien de notre fille. Nous ressentons aussi fortement sa présence, c'est une sensation difficilement explicable, nous sommes comme tétanisés, nous voudrions poser des questions, en savoir davantage mais aucune parole n'arrive à sortir de notre bouche tellement l'émotion est considérable. Nous rentrons chez nous un peu bouleversés mais tellement heureux d'avoir la certitude que le lien avec notre fille n'est pas rompu. Nous réalisons alors la chance ou la grâce que nous venons de recevoir. Une année plus tard environ, nous rencontrerons une nouvelle fois ce médium en entretien individuel cette fois, nous en apprendrons alors davantage sur les occupations de notre fille dans ce que nous appelons "l'au-delà", nous aurons des réponses à nos questions et aussi des preuves que Julie continue de partager des moments de notre existence.
Julie se manifestera à nouveau par Patricia, elle la remerciera ainsi que ceux de son entourage pour les soins et l'aide qu'ils lui ont procurés. Elle l'encouragera aussi à poursuivre les soins ainsi que le groupe de prières qu'elle anime. Par ce biais elle demandera aussi ma présence dans cette assemblée. J'ai donc rejoint le groupe de prières. Nous prions pour les malades, pour les défunts, pour la paix en général sur la terre. Nous prions aussi avec les Anges, la séance se termine souvent par une méditation au cours de laquelle Patricia reçoit de très beaux messages et généralement d'une grande valeur spirituelle. C'est au cours d'une de ces méditations, que j'aurais la joie de recevoir au sein du groupe un magnifique message de Julie, un message plein de tendresse, d'amour et tellement porteur d'espérance. Je garde précieusement ce message, il m'arrive souvent de le relire et à chaque fois, je suis très ému et réjoui par son contenu.
Outre les messages reçus par l'intermédiaire de médiums, nous aurons aussi le bonheur de recevoir des signes de Julie. Bien sûr, ces signes peuvent être sujets à interprétation, certains penseront sans doute qu'il s'agit là de coïncidences ou de pur hasard, mais les coïncidences et le hasard existent-ils vraiment ? Ces signes se manifestent sous diverses formes, ils nous arrivent bien souvent comme des réponses, à des moments précis ou suite à certains évènements. Ils ont toujours, en tout cas, une signification pour nous. Je vous en livre quelques-uns ci-dessous.
Certains jours, l'absence physique de nos proches est plus difficile à supporter, c'est le cas en ce jour de fête des Mères. Pour ne pas rester à cogiter, Carole me propose de l'accompagner chez un horticulteur proche de chez nous pour l'achat de quelques petites plantes. Une fois notre choix terminé, nous réglons nos achats à la caisse, le commerçant me conseille de prendre un carton à proximité pour transporter nos plantes, je le remercie en lui faisant remarquer que nous avons un sac, il insiste, pour ne pas le contrarier, je vais chercher le dernier carton restant. Nous rangeons donc les plantes dans le carton et rentrons chez nous. Arrivés à la maison, nous déposons le carton rempli de nos petites plantes sur la table de la terrasse. Notre fils nous rejoint et fixant le carton s'exclame : "Vous avez vu le carton !" Carole et moi regardons alors plus précisément ce carton qui ne nous a pas attiré l'attention jusque là et nous en restons bouche bée... sur les quatre côtés du carton figure sous la forme d'une signature le mot "JULIE".

Nous restons quelques instants à contempler ce carton garni de petites plantes fleuries. Quel plus cadeau de fête des Mères pouvait espérer Carole ? A chaque fois que nous retournons chez cet horticulteur, j'examine bien les cartons qui traînent, jamais je n'ai retrouvé le même.
En cette fin de samedi après-midi, je viens de terminer de tondre la pelouse, j'examine mon travail du fond du jardin quand j'ai le regard attiré par une tâche claire qui ressort sur le vert du gazon, je m'approche et j'ai la surprise de découvrir qu'il s'agit d'un petit cœur en papier crépon, le genre de chose que l'on peut jeter sur les mariés à la sortie de la cérémonie. Comment ce cœur a-t-il pu arriver là ? Le temps est calme, il n'y a pas un grain de vent, de plus quelques minutes juste avant je passais la tondeuse à cet endroit. Je m'empresse d'aller montrer ma découverte à mon épouse, elle sourit et me rappelle : "Souviens-toi, le médium nous a dit que parfois quand tu jardines, Julie t'accompagne et t'observe travailler..." Peu de temps après, nous recevons un appel d'une tante et marraine de Julie, elle nous raconte un fait étonnant :
"Avant de prendre ma douche, j'ai déposé mon bracelet sur l'appui de fenêtre de la salle de bain (il s'agit d'un bracelet souple en cuir : un souvenir de Julie) quand j'ai voulu le remettre après la douche, je me suis aperçu qu'il était disposé en forme de cœur, une forme si parfaite que je n'aurais sans doute pas réussi à faire volontairement. J'ai tout de suite pensé à Julie, certainement un signe d'affection qu'elle voulait m'adresser..." Quand nous lui rapportons que peu de temps avant, je viens moi aussi de trouver un cœur dans le jardin, elle en reste encore plus stupéfaite. Coïncidence ? Peut-être... Ils nous arrivent aussi de temps en temps de retrouver dans notre provision de pommes de terre, une pomme de terre en forme de cœur. Je pense qu'il n'y a rien d'extraordinaire à ce phénomène mais nous le prenons comme un clin d'œil de notre fille et cela nous fait sourire.
Nous sommes persuadés que Julie se manifeste souvent aussi par des morceaux de musique diffusés à la radio, par des chansons qu'elle aimait. Comme cette fois dans le sud de la France où nous passions quelques jours de vacances, un peu cafardeux car trois mois auparavant nous venions de perdre notre chien. Ce chien, un berger des Pyrénées (race peu répandue) était aussi le compagnon de Julie,
il était arrivé chez nous pour un de ses anniversaires. Depuis son départ, nous nous étions interrogés sur le fait que Julie là haut ait pu retrouver son compagnon ? Nous marchions donc, en balade dans un petit village de Provence quand au détour d'une ruelle nous tombons nez à nez avec un berger des Pyrénées très ressemblant au nôtre, nous échangeons alors quelques mots avec les maîtres, et puis nous rejoignons notre voiture. Quand je démarre on passait à la radio la chanson "Tout le bonheur du monde..." cette chanson a une signification particulière pour moi car pour fêter mes 50 ans, Julie m'avait préparé un diaporama retraçant quelques étapes de ma vie et elle avait choisi cette chanson pour accompagner les images, cela m'avait beaucoup touché. Nous nous regardons alors avec Carole et nous en arrivons à la même conclusion : le chien juste avant, Julie maintenant par cette chanson à la radio, ils sont certainement à nouveau complices... Nous en aurons sans doute confirmation le lendemain quand au cours de la visite d'un autre village, nous croisons à nouveau un autre berger des Pyrénées qui déambulait seul cette fois et quand juste après avoir mis la voiture en route nous entendons aussitôt à la radio : "Tout le bonheur du monde..." ou alors était-ce encore une fois une de ces troublantes coïncidences ? Un autre jour en rentrant du travail, je suivais à la radio un débat sur le délicat problème des clandestins et leur reconduite à la frontière, et mentalement j'interroge Julie : "Et toi qu'en penses-tu ? Quelle serait ta position ?" Le débat étant terminé, je change de station de radio et j'entends alors raisonner les paroles d'un chanteur qu'elle estimait beaucoup : "Je dis aime comme un emblème... la haine, je la jette ! Je dis aime et je le sème sur ma planète...", je venais en quelque sorte de recevoir sa réponse. Chaque année, à la date anniversaire du départ de Julie, nous avons pris l'habitude de nous réunir avec ses amis pour célébrer ce que je préfère appeler sa "naissance au Ciel" le petit groupe se retrouve au restaurant et nous passons un moment très agréable, nous associons Julie par la pensée et c'est l'occasion aussi de pouvoir évoquer les bons moments qu'ils ont partagés ensemble. A chaque fois sur la route du retour à la maison nous avons droit à la radio à une chanson de ce même chanteur. Une année alors que nous étions en fin de repas, nous avons entendu l'album complet du chanteur sans que personne ne l'ait demandé intentionnellement au restaurateur. Nous nous sommes quittés sur cette musique que Julie appréciait beaucoup comme si chacun l'emportait un peu dans son cœur. Je pense que c'est sa façon à elle de nous dire : "Je suis présente parmi vous, je partage ce moment avec vous...".
Des signes nous en recevons encore, parfois sous d'autres formes, nous les appelons maintenant les "coucous" de Julie. Bien sûr, je crois qu'il faut savoir aussi parfois les reconnaître, nous les prenons en tout cas comme de véritables cadeaux du Ciel. Ils nous aident beaucoup dans notre quotidien, ils nous rappellent que Julie est toujours là, sous une autre forme certes, invisible pour nous mais tellement présente et vivante dans nos cœurs. Nous avons appris à vivre autrement avec elle et aujourd'hui, elle est notre fille du Ciel. Elle nous devance simplement dans cette évolution spirituelle à laquelle je crois, nous sommes tous destinés. Nous avons arrêté de nous poser les fatidiques questions : Pourquoi elle ? Pourquoi si jeune ? Car nous savons que nous n'aurons pas les réponses ici-bas. Nous nous en remettons à Julie qui un jour par l'intermédiaire de Patricia nous a dit : "Ce chemin, nous l'avons décidé ensemble..." Nous savons qu'elle sera là pour nous accueillir quand nous aurons nous aussi terminé notre parcours sur cette terre et que nous comprendrons alors certainement ce qui nous semble inconcevable aujourd'hui.
Julie aurait eu 30 ans dans quelques mois, et nous serons à nouveau réunis pour fêter cet évènement. Nous nous réjouissons déjà à l'idée du bon moment que nous passerons tous ensemble en communion avec elle et que de là-haut, elle sera certainement heureuse de nous voir ainsi joyeusement rassemblés.
Bien sûr, nous ne sommes que des êtres humains et ils nous arrivent encore parfois d'être désemparés par son absence physique, son sourire qui nous manque, sa voix qui ne résonne plus dans la maison... mais jamais pour autant nous ne sommes désespérés.
Jean-Paul.
